Éducation

Le rôle des émotions dans l’apprentissage : comment accompagner son enfant

Par Maxime
5 minutes

Pourquoi les émotions comptent dans les apprentissages scolaires et quotidiens


Réussir à l’école, s’épanouir dans les activités extrascolaires ou encore apprendre de nouvelles compétences à la maison : tout cela n’est pas qu’une question de mémorisation ou de méthode. Les émotions jouent un rôle clé dans le parcours d’apprentissage des enfants, bien au-delà des simples réactions éphémères. Comprendre cette influence profonde permet aux parents et éducateurs d’accompagner chaque enfant de manière plus adaptée et bienveillante.


Les mécanismes émotionnels à la base de l’apprentissage


Dès le plus jeune âge, les émotions servent de boussole intérieure aux enfants. Une expérience vécue comme positive ou rassurante donnera envie à l’enfant de recommencer, tandis qu’une frustration ou une peur peut freiner, voire bloquer l’envie d’apprendre. Les neurosciences montrent que le cerveau apprend mieux lorsque l’émotion associée est agréable ou stimulante : le plaisir, la curiosité, la fierté, la surprise ou l’émerveillement facilitent la mémorisation et la compréhension.


  • L’attention accrue : Un enfant captivé, dont l’attention est stimulée par l’enthousiasme ou la nouveauté, retiendra davantage l’information.
  • La motivation intrinsèque : La joie éprouvée en résolvant un problème ou en découvrant une histoire encourage l’effort et l’exploration autonome.
  • L’ancrage de la mémoire : Les souvenirs associés à une émotion forte sont mieux consolidés et durables.
  • L’implication corporelle : Un enfant qui, par le jeu ou l’activité, ressent physiquement joie ou satisfaction, ancre plus profondément ses apprentissages.

Les émotions difficiles : obstacles et leviers pour progresser


Tous les sentiments ne sont pas « faciles » : la colère face à un échec, la peur de l’erreur, le découragement ou la honte peuvent surgir au fil du parcours scolaire. Plutôt que de les nier ou de les minimiser, il est essentiel d’apprendre à les nommer, comprendre leur utilité et trouver ensemble des stratégies pour les transformer en éléments moteurs.


  • La peur de rater : Elle signale le besoin de sécurité ou d’encouragement. Accompagner l’enfant, valoriser ses efforts, éviter les comparaisons limitent son impact.
  • La frustration et la colère : Elles expriment parfois la fatigue, l’incompréhension ou la soif d’autonomie. Accueillir ces émotions sans jugement, verbaliser et reformuler aide à dédramatiser le moment critique.
  • Le découragement : Pour un enfant, une succession d’échecs peut entamer la confiance. Cadrer les objectifs, multiplier les petites réussites et encourager la persévérance redonnent de l’élan.

Reconnaître et nommer les émotions au quotidien


Les enfants ne disposent pas toujours d’un vocabulaire émotionnel étendu. Un des rôles majeurs des parents est de les aider à « mettre des mots » sur ce qu’ils vivent : en nommant la joie, la frustration, la fierté, la déception ou même l’ennui, on permet à l’enfant d’identifier ses ressentis et d’en faire des alliés.


  • Modéliser : N’hésitez pas à partager vos propres émotions (« Je me sens très fier(e) de toi, j’ai moi aussi parfois peur de me tromper »).
  • Utiliser des supports : Livres, cartes d’émotions, dessins, smileys… sont autant d’outils ludiques pour aider les enfants à se repérer.
  • Valider les ressentis : Au lieu de minimiser (« Ce n’est pas grave »), accueillez : « Tu es déçu, tu avais beaucoup travaillé ».
  • Écouter d’abord, conseiller ensuite : Parfois, exprimer le désarroi suffit à alléger le poids de l’émotion négative et à relancer l’envie d’avancer.

Créer un climat émotionnel sécurisant propice à tous les apprentissages


Pour que l’enfant ose se lancer, recommencer, persévérer, il doit pouvoir se sentir en sécurité affective et soutenu, même (surtout) quand le chemin est difficile ! Cette ambiance se tisse au fil de petites attentions du quotidien :


  • Le droit à l’erreur : Soulignez que se tromper est normal et même nécessaire pour progresser, en racontant vos propres essais/erreurs.
  • Des encouragements adaptés : Valorisez l’effort, la progression, la créativité davantage que le résultat final.
  • Des routines stables : Un cadre horaire et des rituels apaisants offrent des repères qui rassurent.
  • L’humour et le jeu : Faciliter le rire, l’autodérision et la détente allège la pression et libère l’esprit pour apprendre plus facilement.

Quelques exemples d’accompagnements émotionnels concrets


  1. Avant une évaluation : Prenez un temps calme pour respirer avec votre enfant, visualiser sa réussite, rappeler ensemble des « souvenirs de victoires » passés.
  2. Lors d’un blocage en devoirs : Faites une pause, parlez d’un autre domaine où il a su surmonter une difficulté ou proposez une activité jubilatoire avant de s’y remettre.
  3. Après un échec : Partagez vos propres souvenirs d’apprentissage imparfaits, encouragez la réflexion (« que pourrais-tu essayer autrement ? »), félicitez pour la persévérance.
  4. Au fil des journées : Instaurez un « mot météo » émotionnel chaque soir pour faire le bilan de la journée.

Valoriser les émotions positives pour renforcer l’estime de soi et les capacités d’apprentissage


Il est aussi essentiel de savourer les progrès et réussites, aussi petits soient-ils. Cela stimule la motivation et crée un cercle vertueux : un enfant qui se félicite, qui voit ses efforts appréciés, ose de plus en plus relever de nouveaux défis.


  • Fêter les étapes : Un mot d’encouragement, un repas « des champions », une mini-cérémonie à la maison pour marquer une réussite.
  • Mettre en lumière la fierté et la joie : Demandez-lui après une réalisation dont il est content ce dont il se sent le plus fier.
  • Encourager la gratitude : Prendre quelques minutes pour lister ce qui a fait plaisir dans la journée ou qui a permis de se sentir confiant(e).

Adapter son accompagnement selon l’âge ou la personnalité de l’enfant


  • En maternelle et primaire : Le jeu, la narration, le dessin sont des supports efficaces pour mettre en scène les émotions et les apprentissages.
  • Chez les préados et ados : L’expression écrite (journal intime, BD, scrapbooking), les échanges informels (balade, temps de cuisine), l’humour et l’écoute sans jugement sont clés pour maintenir le lien.
  • En cas de personnalité hypersensible ou anxieuse : Redoubler d’écoute et de validation, proposer quelques outils de gestion du stress (respiration, sport, méditation, visualisation).

Accompagner les émotions à l’école et à la maison : points de vigilance et alliances efficaces


  • Collaborer avec les enseignants : En cas de difficultés lancinantes ou d’émotions envahissantes, un échange constructif peut aider à trouver des solutions sur mesure (temps de pause, soutien en petit groupe, rituels communs).
  • Continuer le travail en famille : Les émotions ne s’arrêtent pas au portail de l’école : gardez le dialogue ouvert et accueillez chaque retour d’expérience.
  • Ne pas hésiter à se faire accompagner : Si un enfant montre un mal-être prolongé, des troubles du sommeil ou un désinvestissement durable, l’avis d’un professionnel (psychologue, sophrologue) peut apporter une aide précieuse.

Pour aller plus loin : outils et astuces à expérimenter


  • Calendrier ou roue des émotions à placer dans la chambre.
  • Boîte à solutions ou pot à « courage », où chacun pioche une idée pour se remotiver.
  • « Carnet des émotions » à tenir en famille : chaque membre note une émotion vécue, une difficulté et une réussite.
  • Initiation à la relaxation, la respiration profonde ou la méditation pour petits et grands.

En résumé : accompagner l’apprentissage, c’est aussi accompagner les émotions


  • Les émotions font partie intégrante du processus d’apprentissage et influencent notre mémoire, notre motivation et notre confiance.
  • Mettre des mots, accueillir sans jugement, valoriser les progrès mais aussi accompagner les moments de doute aide chaque enfant à progresser à son rythme.
  • L’environnement émotionnel à la maison et à l’école est aussi important que la méthodologie ou les connaissances brutes.
  • Expérimentez différentes méthodes et partagez vos expériences en famille ou avec notre communauté : chaque famille développe ses propres rituels émotionnels.

Vous avez des astuces, des questions ou l’envie de partager votre expérience sur l’accompagnement émotionnel et les apprentissages ? Rendez-vous sur familleheureuse.fr pour échanger avec d’autres parents ! Votre vécu est précieux et aide la communauté à grandir ensemble dans la bienveillance et l’efficacité.

Articles à lire aussi
familleheureuse.fr